Annales des Mines (1886, série 8, volume 9)
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GÉOLOGIE ET INDUSTRIE MINIÈRE
très violemment attaquées par les agents atmosphériques, c'est un fait que j'ai remarqué dans l'Hindoustan, et qu'on retrouve dans la presqu'île malaise. La surface des blocs est profondément désagrégée, les roches s'arrondissent, et peu à peu la végétation couvre toutes les montagnes. Dans leur décomposition rapide, les granites ont donné naissance à des sables qui, entraînés par les pluies, sont venus former les vastes plaines de Kourao, Larout, etc. C'est dans ces alluvions, au pied du G. Hidjao, que se sont formés les riches gisements d'étain auxquels Thaïping, doit son origine. Grâce à la grande étendue des vallées de Larout, les couches stannifères présentent dans ce district une très grande régularité. La base de ces gîtes est formée d'une argile grise ou blanchâtre très fine et presque entièrement composée de kaolin ; quelques morceaux anguleux de quartz sont mélangés à cette pâte, dont l'épaisseur est jusqu'ici restée inconnue.Cette couche est nommée « hong » par les mineurs chinois ; elle est absolument stérile et forme la base des exploitations minières. Au-dessus du hong sont les couches d'alluvions sableuses qui renferment l'étain; les divers lits, pauvres et riches, se succèdent sans régularité absolue. Le minerai d'étain se trouve réparti, suivant de grandes lentilles, qui généralement reposent sur le kong ; mais qui parfois aussi sont situées à peu de distance de la surface. La cassitérite de Pérak est remarquable par sa grande pureté : elle est blonde ou brune, suivant les cas, et presque toujours ces deux qualités de minerai sont mélangées en proportions variables (*). Les alluvions sont recouvertes d'une couche plus ou moins épaisse d'humus. (*) Les proportions varient entre un tiers à un demi de cassitérite blonde et un demi à deux tiers de cassitérite brune.
DU ROYAUME DE PÉRAK ET DES PAYS VOISINS. 375
exploitations chinoises de Larout sont extrêmement considérables : elles fournissent presque la moitié de la production totale de l'étain dans le royaume Les
de Perak.
Le bassin côtier de Larout est tout entier composé
d'alluvions de cette nature et de bakaos. Entre Thaïping et Kouala-Kangsar (*) se trouve une grand chaîne granitique qui a soulevé les terrains sédi-
mentaires, mais sur le versant occidental je n'ai pas
rencontré d'affleurements de ces couchés. A l'est du col par lequel passe la route joignant ces deux localités, sont quelques affleurements de schistes grossiers et plus loin un énorme pointement calcaire, le G. Pondok, formé de marbres blancs ou gris, très durs et ne présentant que des stratifications très indécises. Après avoir dépassé cette montagne on suit jusqu'à Kouala-Kangsar le faîte d'une colline, dont il ne m'a pas été permis de voir la formation, mais que je crois composée de schistes.
Le fleuve Perak, qui se trouve bordé à droite et à
gauche par de grandes chaînes montagneuses, coule au milieu de granites et de schistes très micacés. Les deux soulèvements granitiques qui l'entourent semblent s'être formés dans des conditions absolument identiques ; le massif occidental se termine au sud par les montagnes des Dingdings. Celui de l'est disparaît sous les schistes et les alluvions, au sud de Blandja. C'est cette dernière chaîne qui forme la ligne de partage des eaux entre le
bassin proprement dit du fleuve Perak et celui de son affluent la rivière Kinta.
La partie basse des vallées de Pérak et de Kinta est
formée d'épaisses alluvions qui ont pris une horizontalité parfaite, grâce aux inondations périodiques auxquelles ce pays est soumis. (*) Capitale politique du royaume de Pérak.
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