Annales des Mines (1904, série 10, volume 6)
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LA FUSION PYRITEUSE
LA FUSION PYRITEUSE
Notre étude portera donc sur les trois formules suivantes :
se produisait en même temps. La situation était, au point de vue de la sécurité, tellement inquiétante que l'on dut mettre immédiatement hors feu et supprimer le tube central. Il semble que les résultats obtenus aux Etats-Unis n'aient pas été sensiblement différents, car M. Lawrence Austin renonça bien vite à l'emploi du tube et se contenta de donner l'indication de charger autant que possible les éléments pyriteux du lit de fusion vers le centre et les éléments siliceux vers les parois de la cuve. C'était déjà une modification importante apportée à la formule initiale. Dans le système du brevet de 1889, les éléments sulfureux devaient être introduits dans le tube central, l'orifice supérieur de celui-ci étant refermé immédiatement après leur introduction. Ils n'étaient donc pas en contact avec le courant gazeux; d'autre part, ils se trouvaient protégés, par le tube à circulation d'eau, contre tout échauffement latéral, et arrivaient froids dans la région de l'ouvrage. Sous l'action du vent chaud, ils devaient, d'après l'inventeur, brûler d'une manière à la fois rapide et complète, en donnant de l'acide sulfureux et de l'oxyde de fer. D'autre part, les minerais siliceux descendaient par l'intervalle annulaire existant entre le tube central et les parois de la cuve, dans les mêmes conditions que les charges des fours à cuve ordinaires, c'est-à-dire en se réchauffant méthodiquement par circulation en sens inverse du courant gazeux ascendant. Quand ils arrivaient dans l'ouvrage, ils se trouvaient déjà portés à une température élevée ; leurs éléments siliceux fondaient facilement en se combinant avec l'oxyde de fer produit par la combustion des minerais pyriteux. Pour faciliter la formation et la fusion des scories, M. Lawrence Austin recommandait de chauffer le vent à une température comprise entre 800° et 1.000° Fahr.
1° Formule du brevet Lawrence Austin (chargement en colonnes parallèles) ; 2° Fusion au four à cuve ordinaire, sans addition de combustible ; 3° Fusion au four à cuve ordinaire, avec addition de combustible. Procédé Lawrence Austin. — En vue d'utiliser pour la production de la chaleur la totalité du soufre contenu dans les charges, y compris le soufre volatil des p}r rites, l'inventeur s'était imposé la condition d'amener les éléments pyriteux de la charge froids et inaltérés jusqu'au niveau des tuyères. A cet effet, il installait à l'intérieur de la cuve du four un système de cloisons parallèles aux parois et réunies à leur base par une paroi horizontale. Le tube à double paroi ainsi obtenu était en général cylindrique comme la cuve elle-même; son extrémité inférieure se trouvait à 0 m ,35 environ au-dessus des tuyères, c'est-àdire dans une région très chaude du four. Pour assurer sa conservation, on faisait circuler à son intérieur un courant d'eau très rapide. On pouvait prévoir à l'avance que ce mode de construction donnerait lieu à de graves difficultés : l'expérience a confirmé cette manière de voir. A Allah-Verdi, lors des premiers essais de fusion p\ riteuse, le tube central était formé d'une double paroi en tôle de 10 millimètres d'épaisseur, avec un intervalle de 0 m , 15 occupé par l'eau en circulation. Le bord inférieur du tube descendait seulement jusqu'à la base supérieure des étalages. Néanmoins, on constata, dès le début du fonctionnement de l'appareil, que la circulation la plus active de l'eau à l'intérieur du tube n'empêchait pas les parois d'atteindre le rouge dans la région inférieure ; un abondant dégagement de vapeur
