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Annales des Mines (1911, série 10, volume 20)

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ÉTUDE ,SUR

L'ÉTAIN

ET

L'ÛR

EN

BOLIVIE

dépôts d'étain de Bolivie, mène à cette constatation : qu'ils sont situés dans deux zones approximativement parallèles, occupant une étendue d'environ 520 X 100 kilomètres ; l'une située à la Cordillera real et occupant son axe principal, s'étend de Challana (près d'Illampu) jusqu'à Colquiri avec une direction N. 45° 0. sur 250 kilomètres à vol d'oiseau ; la secoirde, qui a comme point de départ (Oruro), dépasse la région de Potosi, et qui a par -conséquent environ 360 kilomètres de longueur. Ces deux zones sont distantes l'une de l'autre de' 60 kilomètres. Au point de vue industriel, la seconde est la plus importante, étant la plus productive en étain. Nous nous trouvons donc en présence d'une zone ou de plusieurs zones bien définies, dans laquelle les fractures ont été minéralisées avec de l'étain provenant de la même source, c'est-à-dire d'une magma profonde acide, d'une énorme étendue avec des apophyses çà et là formant des dykes, ou masses d'intrusion, et avec des transitions graduelles d'une classe de roche ignée à une autre ; ces roches ignées étant toujours très acides. La première zone se trouve à des altitudes variant de 4.200 à 5.200 mètres. En commençant par (Illampu) nous décrirons les mines suivantes, les plus importantes d'ailleurs, Huayna-Potosi, Milluni, Chacaltaya, Araca, Monte-Blanco, Concordia, Colquiri, Ocavi. Les gîtes stannifères de toutes ces mines occupent tantôt les fentes de retrait dans la masse éruptive comme à Challana, tantôt lês failles ou fractures des anciennes roches sédimentaires qui reposent sur le magma, telles que les schistes, les quartzites, etc. La seconde zone comprend les mines les plus importantes de la Bolivie, c'est-à-dire, Oruro, Morococala, Huanuni, Uncia, Pazna, Potosi, Chorolque, etc. L'hypothèse sur la relation des gîtes stannifères avec un magma acide profond, comme.il vient d'être dit, quoiqu'ils soient

ET

SUR

LA

GENÈSE

DES

DEPOTS

STANNIFÈRES

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apparemment associés à des roches éruptives récentes, demeure cependant la plus plausible. Mines de Huayna-Potosi et Milluni. — Ces mines sont situées sur le versant ouest du glacier Huayna-Potosi (petit Potosi) ou Kaka-Aka dont le sommet atteint 6.195 mètres. En prenant ce glacier, composé de granité, comme ■point de départ, une très intéressante étude se présente en ce qui concerne le dépôt d'étain sous ses diverses formes venant du même magma. Ce massif granitique, avec ses transitions à la granulite à mica blanc, est couvert par des terrains sédimentaires paléozoïques, c'est-à-dire des schistes et des quartzites en couches alternantes, apparemment du Dévonien inférieur (anoplotheca, fiàbellites, atrypa, etc.). Trente kilomètres au nord, des dykes de pegmatite, de puissance variable, contiennent de la cassitérite en gros cristaux, du fedspath, un peu de quartz (il semblerait que la cassitérite a remplacé le quartz pour jouer le rôle d'acide) et de mica blanc (lepidolite riche en fluor) en abondance. Ces dépôts, comme ils ont été tout récemment découverts, n'ont pas été exploités ni même bien étudiés. Cinq kilomètres à l'ouest de Kaka-Aka se trouvent les mines de Huayna-Potosi situées dans les roches sédimentaires. Le filon est généralement lenticulaire avec une puissance maxima de 8 mètres, et il passe d'un plan de contact de schistes et de quartzites à un autre. L'examen microscopique des parois de la roche encaissante accuse un très haut degré de métamorphisme, et on y trouve du quartz, du feldspath, de la biotite, de la chlorite, un peu de mica blanc, du zircon, enfin des éléments dus au métamorphisme. La cassitérite est à grains fins et occupe une des