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CONSIDÉRATIONS GÉNÉRALES
tiers résistant aussi bien à l'eau de mer que ceux renfermant des combinaisons de silice, d'alumine et de chaux. Mais il n'est pas encore possible, dans l'état ac-
tuel de la question, d'énoncer quelle proportion de sable lin répond à l'argile pour donner des produits .
d'une qualité déterminée. D'ailleurs, les précautions adoptées dans la mise en
uvre exercent aussi une grande influence sur les résultats définitifs. Pour toutes ces raisons nous pensons qu'il n'est pas
possible de dire, à priori, d'après l'analyse d'un calcaire, si le produit de la cuisson sera de la chaux hydraulique ou du ciment. L'emploi en grand peut seul indiquer la nature hydraulique du produit de la cuisson clans des conditions déterminées. On peut seulement présumer qu'un calcaire contenant un mélange intime et homogène de 12 à 18 p. I oo de sable fin et d'argile donnera de bonne chaux hydraulique, et qu'un calcaire renfermant de 18 à 25 p. 100 d'argile pourra produire du ciment. Nous avons supposé dans l'analyse précédemment exposée que le calcaire ne contenait pas de phosphate de chaux en notable proportion. C'est en effet le cas le plus ordinaire ; mais il est bon de s'assurer de l'absence de ce corps qui modifierait beaucoup la marche de l'analyse : on attaque un poids déterminé du calcaire par l'acide azotique étendu , et dans la liqueur claire on verse du molybdate d'ammoniaque : ce réactif indique la présence de l'acide phosphorique par une coloration
jaune ou un précipité grenu, jaune, se rassemblant lentement. Une simple coloration indique seulement des traces d'acide phosphorique ; un précipité sensible, annonçant une proportion dosable d'acide, ferait connaître la nécessité de modifier la marche de l'analyse.
SUR LES MATÉRIAUX HYDRAULIQUES.
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Nous ne nous arrêterons pas à décrire les opérations qu'il faudrait faire pour se débarrasser de l'acide phos-
phorique avant de procéder aux dosages des bases, d'abord parce que les opérations sont bien connues, ensuite parce que la présence du phosphate de chaux est un cas très-rare, pour ainsi dire exceptionnel. Les calcaires imprégnés de matières organiques contiennent assez fréquemment des pyrites disséminées, qu'il est presque toujours impossible de discerner à la loupe. Leur effet le plus nuisible est de produire du sulfate de chaux pendant la cuisson ; aussi doit-on chercher à déterminer le sulfate de chaux existant après un grillage sous la mouffle, au lieu d'évaluer celui qui est tout formé dans le calcaire lui-même : il est certain que le grillage sous la mouffle produira plus de sulfate de chaux que la cuisson pratique, et par suite on aura une limite supérieure de la proportion de sel qui pourra se trouver dans la chaux ou dans le ciment. Le grillage sous la mouille doit être conduit très-lentement , à une température un peu supérieure au rouge sombre; il doit être terminé un peu au-dessous de cette température, afin que l'acide carbonique du foyer, pénétrant dans la mouffle , puisse saturer la plus grande
partie de la chaux amenée à l'état caustique dans la première période de l'opération.
Après refroidissement, on traite la matière par une très-grande proportion d'eau, et on laisse digérer assez longtemps pour que le sulfate de chaux puisse se dissoudre; dans la liqueur on dose seulement l'acide sulfurique, dont le poids permet de calculer le sulfate de chaux.
On pourrait arriver plus rapidement à ce résultat en
traitant la matière grillée par une ébullition avec le carbonate de soude; mais le dosage de l'acide sulfuToux IX , 1856.
Calcaires
renfermant des inatières organiques.
