Cette page est protégée. Merci de vous identifier avant de transcrire ou de vous créer préalablement un identifiant.
378
GÉOLOGIE ET INDUSTRIE MINIÈRE
Les alluvions de Sanglop sont très peu épaisses, mais elles sont très riches. Le kong y fait généralement défaut et les couches de minerai reposent directement sur des schistes redressés. Les gîtes se présentent là, comme ailleurs, sous forme de longues lentilles dont la largeur atteint rarement 10 mètres, mais dont la longueur est parfois de 200 mètres. Leur position dans les alluvions est très variable : parfois elles reposent sur les roches ellesMêmes, d'autres fois elles sont à 1 mètre de la surface. Dans tous les cas elles présentent cette particularité, que leurs contacts avec les couches voisines ne sont pas net. tement tranchés, comme on le voit à Thaïping et à Gôping. Il n'en existe pas de stériles ; les couches peu riches sont rejetées, mais elles renferment toutes de l'étain. Jadis, à l'époque où les Siamois étaint suzerains de Pérak, la vallée de Khan Lalang a été l'objet de travaux importants dont on retrouve les traces dans la forêt; mais ces travaux n'ont porté que sur des lentilles du surface : l'abondance des eaux empêchait les ouvriers de dépasser une profondeur de 1'11,50 à 2 mètres. Entre Gôping et Ipoh sont de nombreux affleurements calcaires qui forment des collines à parois blanches verticales; au sud de Gôping, dans le bas de la vallée de Kampar, on Voit aussi des collines de même nature. Ces calcaires-marbres sont en tout semblables à ceux du G. Pondok, ils sont traversés par un important cours d'eau, le S. Raya, qui descend du G-. Tchabang. Carnpong Kapayang est, au sud, la dernière localité où les calcaires se rencontrent sur le cours de la rivière. Ipoh, le plus grand centre malais de la vallée de Kinta,
est situé au sud d'un massif de collines calcaires analogue à celui de C. Kapayang. Ce village renferme plusieurs fonderies alimentées par les mines du voisi(*) Campong, village.
DU ROYAUME DE PÉRAK ET DES PAYS VOISINS. 379
nage. La rivière Kinta est, au nord d'Ipoh, d'une navigation difficile, surtout pendant la saison sèche (févrierseptembre).
En sortant d'Ipoh pour descendre la vallée de Kinta en
longeant le pied des montagnes de l'ouest, on gravit d'abord quelques monticules formés par les alluvions et on entre dans une jungle basse et marécageuse en suivant un sentier qui conduit à de petites mines malaises, dans lesquelles les alluvions de la surface sont activement exploitées.
Toute la région comprise entre la rivière Kinta et les montagnes du massif Mirou est couverte de travaux de ce genre. Elle se compose d'alluvions très argileuses recouvrant des calcaires qui affleurent sur beaucoup de
points et qu'on trouve au fond de tous les travaux de mines. Ces calcaires sont gris ou blancs, très durs, et ne présentent pas la moindre trace de stratification. Les alluvions, dont l'épaisseur est extrêmement variable, se composent de sables fins et de couches argileuses grisâtres ; l'étain s'y rencontre parfois à la surface, parfois au fond, reposant sur les calcaires. En avançant un peu dans la montagne, on trouve les granites et les granulites dont la décomposition a produit les alluvions dont je viens de parler.
J'ai fait, dans cette partie du pays, où j'ai passé un mois et demi, une coupe transversale de la vallée de Kinta, partant du pied des montagnes pour aller jusqu'auprès de la rivière, et voici les résultats auxquels je suis arrivé par 17 sondages dont les plus profonds atteignirent 15 mètres de profondeur (V. la coupe fig. 1, Pl. IX)
5. Granulite très fine, et granites à tourmaline. Ces roches sont coupées par des veines de quartz et de larges filons de diorite; elles constituent le massif montagneux.
2. Schistes bruns très grossiers, dont j'ai obtenu quelques
