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1877 .
COLLENOT . — PIIOSPHATE Dl . CHAUX DE L ' AUXOIS .
685
I r e hypothèse .
Le phosphate du calcaire à Gryphées provient-il d'émissions provoquées par des actions souterraines?
La partie de l'Auxois située sur les confins du Morvan, pendant la sédimentation de l'Infrà-lias, du Lias inférieur et même de la base du Lias moyen, a été soumise à de nombreuses et puissantes émissions minéralisatrices qui se sont fait jour à l'époque de l'envahissement progressif de la mer jurassique sur le Morvan primitif. Ces émissions sortant du Morvan, qui conserve encore de nombreux amas d'origine geysérienne, étaient tantôt ferrugineuses, tantôt siliceuses, et en même temps elles donnaient lieu en plus faibles proportions à des éjections d'autres produits, tels que barytine, fluorine, pyrite, manganèse, galène, azurite, etc. Le calcaire à Gryphées not`Imment a été, sur d'assez grandes surfaces, converti en silex . Rien n ' a été changé dans l ' arrangement horizontal des bancs, dont la roche fait feu sous le choc du briquet, tout en conservant souvent la teinte bleuâtre du calcaire (bords du Serein), ni dans la distribution des fossiles parfaitement conservés . Les fissures et les vides ont été seulement tapissés de silice cristallisée et de barytine . De plus les nodules phosphatés sont disposés dans les bancs silicifiés comme dans les bancs restés calcaires . Ils ont complétement échappé à l ' imprégnation siliceuse. - Tout indique que ce métamorphisme local du Lias inférieur s ' est effectué alors que la pâte calcaire était encore molle. Le dépôt phosphaté est donc antérieur au métamorphisme du calcaire à Gryphées et par conséquent étranger à l'émission qui a déterminé la silicification. Mais comme cette émission avait été précédée par d'autres qui ont modifié les roches de l'Infrà-lias, il est possible que, au moment de la sédimentation du calcaire, des émanations d'acide phosphorique se soient produites par les bouches d'éjections préexistantes (I) ; que cet acide se combinant avec la chaux soit venu se déposer en certains bancs en petites masses floconneuses, englobant par affinité des co(1) M . Michel-Lévy, avec qui j'ai parcouru récemment une partie du Morvan où nous avons rencontré de nombreux filons et épanchements appartenant aux émissions thermales dont la durée s ' est étendue du Trias au Lias moyen, m'a donné du phénomène qui nous occupe une explication très-probante . Les roches cristallines du Morvan contiennent, en assez grande quantité, de l'apatite disséminée dans leur masse ; cette substance a pu être dissoute par le fluor, dont l'existence est décélée par de nombreuses traces et même par des dépôts importants de fluorine répandus dans les roches filoniennes ; et l'acide phosphorique aurait été ainsi mis en liberté .