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SUR LES MATÉRIAUX HYDRAULIQUES.
CONSIDÉRATIONS GÉNÉRALES
hydrosilicates, et par suite rend plus commode l'emploi des mortiers. Le sable a pour inconvénient grave de donner de la
porosité, et de remplacer par une multitude de vides très-petits les cavités de dimensions notables que déterminerait la contraction des hydrosilicates au moment de la prise. Cette porosité, souvent augmentée d'ailleurs par l'absence de précautions convenables dans la mise
en oeuvre, rend les mortiers perméables et permet a l'eau et aux sels contenus d'agir avec une rapidité trop grande sur toute l'épaisseur des constructions. L'emploi du sable en forte proportion est donc très. difficile, et nous ne pensons pas que jusqu'à présent on ait attaché une importance assez grande à l'étude des effets, mécaniques d'abord, chimiques par la suite, auxquels il peut donner lieu. Le mode de préparation des matériaux qui entrent dans la composition des mortiers et celle des mortiers eux-mêmes exerce une grande influence sur la composition chimique et sur rétat physique ; nous les mettons en évidence dans la discussion des résultats obtenus dans les analyses d'un certain nombre d'échantillons, et prin-
cipalement dans la seconde partie de notre mémoire. Nous citerons seulement un exemple : le ciment de Portland, gâché à la manière ordinaire, sans addition de sable, donne un mortier plus ou moins poreux après la prise ; la même matière délayée en bouillie claire, immergée dans une eau tranquille, prend au bout d'un certain temps en une masse compacte, extrêmement dure, comparable aux pierres les plus résistantes. Enfin, les actions chimiques de l'eau de mer sont extrêmement comple4es , et l'analyse est souvent impuissante à les constater si on opère sur un échantillon isolé; il est donc très-important de chercher à se rendre
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compte par l'examen extérieur, fait sur place, de la désagrégation, de l'augmentation de volume, de la porosité qui peut être attribuée à une dissolution de matières, et de comparer l'aspect des parties décomposées à celui des parties encore saines de la construction. On doit ensuite choisir pour l'analyse les échantillons qui représentent des actions différentes de l'eau
de mer; l'aspect que présente chacun d'eux indique presque toujours la cause de l'altération, et par suite facilite beaucoup les recherches chimiques.
Les gaz que l'eau de mer renferme en dissolution sont très-variables avec les circonstances locales; dans plusieurs ports, notamment à Marseille, l'acide carbonique et l'hydrogène sulfuré existent en proportion bien plus grande que dans les eaux de la Manche et de l'Océan. Ces gaz doivent agir sur la chaux libre contenue dans les mortiers ; l'acide carbonique produit du carbonate de chaux, mais il n'est pas possible de prévoir quelle peut être l'action de l'hydrogène sulfuré :ji peut donner de l'oxy-sulfure de calcium insoluble dans
l'eau, ou du sulfate de chaux soluble et cristallisable. Les opérations chimiques nécessaires pour constater la proportion et la nature des gaz contenus dans l'eau
de mer et leur action sur les mortiers doivent être faites sur place, et non pas sur des échantillons transportés, exposés à l'air pendant un temps plus ou moins long.
Les recherches dans cette voie n'ont pas encore été entreprises, et nous devons nous borner à signaler ici leur importance.
La marche de l'analyse est à peu près la même que celle des chaux hydrauliques, mais rendue un peu plus compliquée par la détermination des sels alcalins dont les mortiers sont toujours imprégnés. On les do, 011
Analyse.
